Un mardi sur deux, de 16 à 17h, mon travail, c'est d'accompagner deux grandes soeurs de huit et neuf ans pour une sortie avec leur petite soeur, B., 4 ans bientôt, petite puce qu'elles ne rencontrent qu'une heure par semaine.
Ces trois soeurs-là ont pourtant grandi ensemble jusqu'il y a un peu plus d'un an. Mais là elles vivent séparées, sans que ça ait été la volonté de qui que ce soit de les séparer, mais simplement, parce que, comme parfois c'est le cas, par la force des choses, "on" n'a pas pu faire autrement. Alors voilà. Il faut bien que la vie continue.
Ah cette "force des choses", comme on aimerait parfois avoir des vrais outils pour lutter!
Mon job, un mardi sur deux, c'est donc d'accompagner cette visite; de me mettre au côté des grandes pour qu'elles puissent "retrouver" la petite B. Mais je crois surtout que pour qu'elles puissent rester soeurs, elles doivent continuer de vivre des choses ensemble, et se créer des souvenirs.
Alors on sort. On n'a qu'une heure et c'est court une heure pour se retrouver. On doit trouver un lieu pas trop éloigné de notre point de départ au centre de Bruxelles. Et une activité gratuite. Vélo. Plaine de jeux. Coin des Contes dans une bibliothèque de quartier.
Et ça marche : les regards des filles se croisent et s'échangent, la complicité se (re) tisse, les sourires des trois s'épanouissent et elles attendent avec impatience leur sortie. Et moi aussi. :-)
Je l'avoue, j'ai dérogé à la règle de la gratuité lors de la sortie de décembre pour payer (de ma poche, hum hum) aux trois soeurs un tour sur le manège enchanté, et je ne suis pas prête d'oublier les étoiles dans les yeux de la petite B. pour qui c'était "la première fois".
Aujourd'hui, avec ce tapis neigeux sur Bruxelles, l'occasion était trop belle. J'ai préparé mon coup dès mon départ de la maison ce matin en emportant trois paires de gants, la salopette de ski de Félix et des bottes en caoutchouc pour mam'zelle B., deux luges-pelles qui traînaient au fond du garage. J'ai obtenu sans difficulté de mon collègue cuisinier une carotte pour le futur bonhomme de neige. Les filles ont accueilli mon idée avec des cris de joie. On a trouvé une pente enneigée pas trop loin, dans un parc paysager désert à cette heure-là. Et sous l'oeil attendri des gardiens (sans parler des miens!), on a vécu vraiment, vraiment, un beau moment...
On a un peu triché, impossible cette fois-ci que cette heure ne dure "que" soixante minutes... j'ai été sauvée par la nuit tombante et la fermeture du parc, pour faciliter les au revoir. Et surtout on s'est dit, les yeux dans les yeux : à la prochaine fois!
tirer une grande langue pour goûter la neige sur son menton : un vrai bonheur :-)







































